Les nouvelles déclarations de soutien de la communauté internationale, notamment des États-Unis, à l’endroit du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé arrivent dans un pays épuisé par l’instabilité et l’insécurité.
États-Unis affirmant leur volonté de travailler avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour organiser les élections, après la passation de pouvoir du président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, au chef du gouvernement, ne doit plus être accueillie avec complaisance. En Haïti, le temps des promesses creuses est terminé. La population subit depuis trop longtemps l’insécurité, la pauvreté et l’abandon institutionnel. Et la communauté internationale, par ses choix passés et présents, en porte une part majeure de responsabilité.
La communauté internationale face à ses contradictions
Depuis plus de vingt ans, Haïti est un terrain d’expérimentation diplomatique et sécuritaire. De la MINUSTAH aux missions qui lui ont succédé, des programmes d’aide aux sanctions ciblées, les interventions internationales ont façonné un État fragile et dépendant, incapable de sécuriser sa population. L’aide a souvent contourné l’État, renforçant des intérêts partiels au lieu de construire des institutions solides. Les sanctions ont montré leur inefficacité, laissant prospérer les réseaux criminels et les gangs armés. La communauté internationale ne peut plus se contenter d’expliquer ces échecs par la fragilité des autorités haïtiennes : elle en est co-responsable.
Les gangs armés : un obstacle non négociable.
Le véritable test de sincérité pour les partenaires internationaux est simple : soutenir concrètement le Premier ministre dans la neutralisation des gangs armés. Tant que ces groupes continueront à contrôler des quartiers entiers, à imposer la peur et à perturber la vie économique et sociale, aucune élection ne sera crédible. Les électeurs haïtiens ne peuvent pas voter sous la menace des armes, et le gouvernement ne peut pas assurer cette sécurité seul. Exiger des résultats électoraux sans sécuriser le pays revient à organiser un échec annoncé.
L’urgence d’un engagement concret.
Les annonces américaines et les communiqués diplomatiques doivent se traduire immédiatement en actes tangibles. La communauté internationale doit assumer un rôle actif et coordonné :
appuyer les forces de sécurité haïtiennes pour neutraliser les gangs armés ;
coopérer régionalement et internationalement pour stopper le trafic d’armes et démanteler les réseaux criminels ;
sécuriser le processus électoral afin qu’il soit réellement libre et crédible ;
concentrer l’aide internationale sur le renforcement de l’État et non sur son contournement.
Haïti n’est pas un laboratoire : c’est une urgence.
Chaque jour de retard, chaque mesure insuffisante, chaque promesse non tenue se traduit par des vies perdues et une instabilité prolongée. La communauté internationale ne peut plus se cacher derrière des communiqués ou des intentions déclarées. Elle est moralement et politiquement responsable de ce qui arrive aujourd’hui aux Haïtiens.
Soutenir le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’est pas un acte de charité. C’est une obligation. Si la communauté internationale échoue à agir avec courage et cohérence, elle se rendra complice de l’échec de cette transition et de la prolongation de la souffrance du peuple haïtien.
Haïti ne peut plus attendre. Les promesses sont faites. Il est temps que les engagements se traduisent par des actes tangibles. Sinon, l’histoire retiendra que la communauté internationale a choisi l’inaction face à la détresse d’un peuple.
Haïti: l’heure de vérité pour la communauté internationale face à sa dette morale et politique.
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