CORÉE DU SUD: Yoon, le président sud-coréen, a été accusé d’« insurrection » et demeure incarcéré.

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Yoon Suk-yeol, le président sud-coréen mis en suspension et visé par une procédure de destitution suite à sa proclamation de la loi martiale avortée, a été inculpé dimanche pour avoir dirigé une « insurrection » et demeure en détention.

Dans un communiqué, les procureurs en charge de l’enquête ont déclaré avoir porté des accusations contre Yoon Suk-yeol, le qualifiant de principal instigateur d’une insurrection.

La tentative de M. Yoon d’instaurer la loi martiale le 3 décembre a plongé la Corée du Sud dans un désordre politique. Cette mesure n’a cependant duré que six heures avant d’être annulée par les députés, qui ont réussi à se rassembler en urgence au Parlement. Il a été mis en suspension peu de temps après, et le 15 janvier, il est devenu le premier président sud-coréen en fonction à être appréhendé.

Cette capture avait eu lieu suite à une rétention prolongée au sein de son domicile, où sa sécurité personnelle avait opposé une résistance aux efforts d’arrestation. M. Yoon est actuellement détenu dans un centre de rétention à Séoul.

Il a décliné toute collaboration à l’investigation pénale concernant sa proclamation de loi martiale, ses avocats soutenant que les enquêteurs ne disposent d’aucune compétence juridique.

Sa mise en accusation officielle pour détention implique qu’il sera maintenu en prison jusqu’à son jugement, prévu dans les six mois à venir.

Décision surprenante

Son accusation était largement anticipée après que la cour a refusé à deux reprises les requêtes des procureurs pour étendre son mandat d’arrêt durant l’enquête.

Suite à une analyse minutieuse des éléments recueillis lors de l’enquête, les procureurs ont estimé qu’il était tout à fait justifié d’inculper le prévenu, comme indiqué dans leur déclaration.

Ils ont encore souligné que le maintien de M. Yoon en détention était justifié par un risque persistant d’effacement de preuves.

Ils ont souligné que l’immunité présidentielle ne protège pas contre l’accusation d’avoir fomenté une insurrection.

L’opposition satisfaite.

Cette inculpation a été saluée par l’opposition. Selon Han Min-soo, député, il est nécessaire d’arrêter non seulement les individus ayant conspiré pour une insurrection illégale, mais également ceux qui l’ont orchestrée en diffusant de fausses informations.

Sans apporter de preuves, M. Yoon et son équipe juridique ont cité des allégations de fraudes électorales ainsi qu’un blocage législatif au Parlement dominé par l’opposition pour motiver l’instauration de la loi martiale.

M. Yoon a juré de se battre jusqu’à la fin, attirant l’appui de ses partisans qui ont épousé le discours Stop the steal (Arrêtez la fraude), inspiré par les électeurs de Donald Trump, convaincus que leur leader a été trompé lors de l’élection présidentielle américaine qu’il a perdue en 2020.

Selon Bae Kang-hoon, cofondateur du groupe de réflexion politique Valid, cette mise en accusation procurera un sentiment d’apaisement, confirmant que l’ordre constitutionnel opère comme il se doit.

Des élections à venir ?

M. Yoon est aussi confronté à une série d’auditions devant la Cour constitutionnelle, qui déterminera si elle confirmera ou non son accusation et le dépossédera officiellement de sa présidence.

S’il subit une défaite devant la Cour, il perdra son poste de président et des élections seront mises en place dans les deux mois qui suivront.

M. Yoon continue d’exercer ses fonctions de président sud-coréen, malgré sa détention actuelle.

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