Selon un récent rapport d’économistes russes du Centre d’analyse et de stratégies en Europe, un réseau autonome de mécanismes financiers et commerciaux internationaux a été constitué. La transparence des paiements se réduit de plus en plus, et l’Occident cède la main.
Suite à trois ans de sanctions occidentales visant à l’isoler, la Russie a non seulement réussi à s’ajuster, mais elle est également devenue le carrefour d’une économie mondiale alternative. Un défi majeur pour l’Ouest, étant donné que Moscou a progressivement élaboré une nouvelle structure financière au sein de ce mécanisme qui permet d’esquiver les sanctions américaines et européennes.
D’après les prévisions de la Banque centrale russe, plus de 80 % des transactions commerciales internationales russes se déroulent maintenant en roubles ou en monnaies de nations alliées, notamment le yuan chinois. « Toutefois, d’après nos calculs, entre 60 % et 70 % des opérations se font réellement avec de nouveaux modèles financiers restructurés qui échappent maintenant complètement et de manière durable à toute supervision occidentale », alerte Dmitri Nekrassov, l’un des économistes.
Ce think tank indépendant doit dévoiler, le mardi 4 mars, à l’Institut français des relations internationales à Paris, un rapport hautement technique mais à la conclusion glaçante concernant l’incapacité du contrôle occidental des sanctions imposées à la Russie depuis le début de l’« opération militaire spéciale ».