Donald Trump souhaite voir le prix du pétrole diminuer pour frapper l’économie russe et influencer les discussions. Le Kremlin rétorque que l’issue du conflit n’est pas liée au coût du baril.
Selon le président américain Donald Trump, la guerre en Ukraine pourrait se terminer avec une réduction du prix du pétrole.
Lors de sa présence par vidéo au Forum économique mondial de Davos jeudi, M. Trump a évoqué son intention de solliciter l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour réduire le coût du pétrole, soutenant que cela mettrait un terme « tout de suite » à l’agression à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.
Pour l’instant, le coût reste assez élevé pour que le conflit continue. « Nous devons réduire le coût du pétrole et mettre un terme au conflit », a-t-il complété.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) regroupe 12 nations, dont l’Irak, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ensemble, elles fournissent près de 40 % de la production mondiale de pétrole. En tant que bloc, leur poids leur permet d’avoir un impact significatif sur le prix du pétrole en modulant la production à la hausse ou à la baisse.
M. Trump a promis d’exercer des pressions sur l’Arabie saoudite et l’OPEP dans le but de réduire les coûts du pétrole, laissant entendre que des actions économiques, plutôt qu’une assistance militaire, pourraient être la solution pour mettre un terme au conflit.
Le président nouvellement élu a aussi manifesté son intention de dialoguer directement avec le président russe Vladimir Poutine afin de mettre un terme au conflit. M. Trump a souligné que « l’Ukraine est prête à conclure un accord », même s’il n’a pas précisé comment il envisageait de négocier la paix.
La clarté de la stratégie de Trump laisse à désirer. Depuis le lancement de son offensive à grande échelle contre l’Ukraine, il y a presque trois ans, la Russie a su faire face à une série de sanctions imposées par les États-Unis et l’Europe. La Russie exportait principalement du pétrole vers les États-Unis, mais cette activité commerciale a totalement cessé en 2023.
De son côté, l’Iran est à la fois un membre de l’OPEP et un allié de la Russie, ce qui pourrait le pousser à s’opposer au projet suggéré par Trump.
Cependant, M. Trump envisage aussi de lancer une nouvelle série d’explorations aux États-Unis pour le pétrole et le gaz national, ce qui pourrait à son tour réduire les tarifs mondiaux et exercer une pression sur la Russie.
Lors de son allocution nocturne jeudi, le président ukrainien Volodymr Zelenskyy a affirmé : « Il ne s’agit pas de diminuer la production de pétrole : l’important est de maintenir le cap et d’exercer des pressions sur la Russie, unique belligérant qui désire ce conflit. »
« Il a également précisé que les ressources énergétiques, surtout le pétrole, sont cruciales pour la paix et la sécurité concrète. » Pour ce qui est des ressources énergétiques, l’Europe devrait collaborer davantage avec l’Amérique et d’autres partenaires mondiaux plutôt qu’avec la Russie.
Au début de la semaine, M. Trump a aussi mis en garde contre d’imposition « d’un niveau élevé de taxes, de frais douaniers et de sanctions » à la Russie si M. Poutine ne parvient pas à trouver un accord pour mettre fin au conflit.