L’Union européenne a officiellement inauguré sa « période de réarmement » et se trouve désormais en position d’accroître ses actions pour apporter son soutien à l’Ukraine sur le court terme tout en assurant sa capacité stratégique de défense sur le long terme.
Lors de la rencontre exceptionnelle des leaders de l’UE ce jeudi (6 mars) à Bruxelles, les 27 dirigeants discuteront du plan en cinq volets, nommé REARM Europe, suggéré mardi par la Commission européenne.
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a suggéré d’accorder 150 milliards d’euros de prêts à taux avantageux aux États membres afin de consolider leur défense. Elle permet également aux États de réaffecter des fonds européens vers cette priorité, tout en offrant une certaine flexibilité concernant le déficit.
Depuis le début de l’année 2024, les 27 dirigeants et chefs de gouvernement la réclamaient. Ursula von der Leyen, à la tête de la Commission européenne, a finalement révélé sa proposition de « réarmer l’Europe » le mardi 4 mars, soit deux jours avant un sommet extraordinaire dédié à cette question. Selon les projections très optimistes de la Commission, ce dispositif devrait autoriser les États à allouer jusqu’à 800 milliards d’euros supplémentaires à leur défense au cours des cinq prochaines années.
L’objectif du plan est de rassembler près de 800 milliards d’euros au cours des quatre prochaines années, dont la plus grande partie sera issue de l’accroissement par les États membres de leurs budgets nationaux dédiés à la défense et à la sécurité.
La Commission européenne a révélé des intentions d’endetter 150 milliards d’euros afin de soutenir une vaste opération de réarmement.
« Si les pays membres augmentaient leurs budgets militaires de 1,5 % du PIB moyen (ce qui est en accord avec le seuil fixé par la Commission pour les dépenses d’armement additionnelles par an), cela pourrait générer une latitude budgétaire de près de 650 milliards d’euros sur quatre ans », a affirmé la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, mardi.
Ce traité impose des règles financières rigoureuses qui contraignent les pays membres à garder leur endettement en dessous de 60 % du PIB et leur déficit à moins de 3 %. Les hausses de dépenses militaires, jusqu’à 1,5 % du PIB, ne seront pas soumises aux restrictions de l’UE pour une durée de quatre ans. Toutefois, pour tout dépassement au-delà de cette période, l’accroissement des dépenses en matière de défense devra être conforme aux budgets nationaux. Il n’y a pas de pénurie de fonds au sein de l’Union européenne. Chaque année, les ménages mettent de côté 1 400 milliards d’euros, comparativement à 800 milliards d’euros aux États-Unis. Cependant, environ 300 milliards d’euros de l’épargne européenne sont placés sur des marchés en dehors de l’UE chaque année.
Pour résoudre ce problème, la Commission envisage de soumettre une communication sur l’Union européenne de l’épargne et de l’investissement avant le 19 mars, avec pour objectif d’encourager le capital-risque et de favoriser des mouvements de capitaux fluides à travers l’Union européenne.