Ces équipements sont américains à hauteur de 45 %, bien que, depuis le début de l’invasion russe en février 2022, au moins 35 États aient fourni des armes à Kiev. D’après l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, à la fin de 2023, le pays se classait seulement en quatrième position parmi les importateurs d’armes.
L’Ukraine est le premier pays importateur d’armes au monde.
Selon l’institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), l’Ukraine s’est affirmée comme le principal importateur d’armes à l’échelle mondiale pour la période 2020-2024, tandis que les États-Unis ont maintenu leur position dominante en tant que principal exportateur, représentant 43 % des exportations mondiales, devant la France.
Selon le SIPRI, entre 2020 et 2024, les pays européens membres de l’OTAN ont connu une augmentation de 105 % de leurs importations d’armes par rapport à la période 2015-2019, témoignant ainsi du réarmement général en Europe face à la menace russe. Les États-Unis ont livré 64 % de ces armements, contre 52 % durant la période 2015-2019.
« Dans le contexte d’une Russie de plus en plus agressive et de relations transatlantiques tendues durant la première présidence Trump aux États-Unis, les États européens membres de l’OTAN ont cherché à « diminuer leur dépendance vis-à-vis des importations d’armement et à renforcer l’industrie européenne de défense », a déclaré Pieter Wezeman, chercheur principal du programme « transfert d’armes » du SIPRI, cité dans un communiqué.
« Toutefois, le lien transatlantique en termes de fourniture d’armements est solidement établi. » Il précise que les importations en provenance des États-Unis ont connu une hausse et qu’un nombre considérable d’États européens membres de l’OTAN ont passé commande de près de 500 avions de chasse ainsi que d’autres armements auprès des États-Unis.
Un grand nombre de pays dépendants
Le chercheur qui s’est exprimé auprès de l’AFP souligne que la France n’est pas fortement dépendante des États-Unis. Cependant, d’autres grandes nations telles que l’Italie ou le Royaume-Uni acquièrent des avions furtifs F35 et des systèmes de défense antiaérienne Patriot auprès des Américains, ce qui rend leur remplacement difficile à court terme. « Bien que le F35 soit un produit américain, il est important de noter que, lors de ces ventes, les Européens ont été intégrés dans la fabrication des éléments essentiels », précise-t-il.
Il souligne que les Pays-Bas, la Belgique et le Danemark, qui connaissent des frictions avec les États-Unis concernant l’avenir du Groenland, sont d’autant plus dépendants de l’armement américain.
Selon M. Wezerman, « modifier cela nécessiterait un investissement politique et financier colossal ». La durée nécessaire pour l’acquisition d’armes peut souvent dépasser celle du mandat d’un président américain, s’étalant sur plusieurs années.
Pour la première fois depuis deux décennies, l’Europe a pris la tête en tant que principal client des États-Unis, représentant 35 % de leurs exportations entre 2020 et 2024, dépassant ainsi le Proche-Orient (33 %). Toutefois, l’Arabie saoudite demeure le premier pays client.
« Selon Mathew George, directeur du programme Transfert d’armes du SIPRI cité dans un communiqué, la contribution des États-Unis représente 43 % des exportations mondiales d’armement, soit plus de quatre fois celle du second exportateur, la France. »
En comparant la période 2015-2019, la France a multiplié par trois ses exportations vers l’Europe, essentiellement en raison de la transaction de Rafale avec la Grèce et la Croatie ainsi que de l’approvisionnement en armes à destination de l’Ukraine. L’Inde continue d’être le premier partenaire commercial de la France, représentant 28 % de ses exportations, soit le double du pourcentage cumulé de tous les autres pays européens (15 %).
La Russie se classe au troisième rang mondial en matière d’exportation d’armes ; toutefois, suite à l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la baisse de ses exportations s’est intensifiée (-64 %). Selon M. Wezeman, en plus de ses propres exigences, la Russie a été affectée par les sanctions internationales et la pression exercée par les États-Unis et leurs alliés pour éviter l’acquisition d’armes russes.
Il souligne que l’Inde, représentant 38 % des exportations russes sur la période 2020-2024, se dirige de plus en plus vers d’autres nations, tandis que la Chine, avec une part de 17 %, renforce son secteur de défense.